Chers vous,
Si je doute, si je change d'avis toutes les cinq minutes, si je ne sais pas, ou jamais pour très longtemps, mais surtout si cela vous fatigue, vous bouffe et vous dépasse, je vous demande pardon.
Je n'ai jamais décidé de faire de l'indécision ma plus fidèle amie et je voudrai savoir pourquoi elle s'est incrustée en moi. Je ne l'aime pas. Elle surgit dans les moments les moins propices vous voyez. La nuit surtout. Je déteste quand elle débarque la nuit. Elle m'impose de tout remettre en question, et tout est alors dévasté. C'est mauvais de réfléchir seule dans le noir, on me l'a toujours dit.
Il faudrait que les gens normaux, qui vivent une vie normale, pensent normalement et se plaisent à être catégoriés parmi la normalité, m'incitent à les suivre. J'ai la nausée rien que d'imaginer que ça puisse marcher un jour, et j'ai même l'impression que je ne pourrai pas le supporter. Pourtant je veux essayer. Ca doit être sympa d'être normale et de se suffire de la routine quotidienne. De ne pas réfléchir trop ni trop se projeter dans l'avenir. De vivre au jour le jour. Après tout, que peut-il bien nous arriver là où on ne se croit que trop en sécurité.
Moi j'ai sans cesse besoin de tout déchirer. Une parfaite petite dévastatrice. Mon excuse? Je vais vous la confier. C'est de mieux pouvoir recommencer. Mais je ne me contente que d'arguments pré-conçus et non de la réalité. Je sais que je coupe le souffle des gens qui le subissent. A croire que j'y prendrai un semblant de plaisir. Ne vous trompez pas, ça ne sera jamais le cas. Je ne jouis pas à l'idée de prendre le rôle du bourreau, mais il me colle à la peau. Expliquez juste moi pourquoi je ne peux pas m'en empêcher.
PS: L'un dissimule son désarroi, l'autre ne se prive plus de le montrer. Je ne sais pas lequel des deux est le pire. Je ne sais pas non plus lequel choisir. Parc'que oui, mes chers, quand on a de la peine, une multitude de choix s'impose à nous. On peut se décider à mentir, faire semblant, enfouir. On peut aussi choisir de gémir, chouiner, crier, pleurer, taper, traîter, détester, tomber, s'écrouler et haïr.
Il est vrai que j'aime bien me cacher, jouer du mystère et des secrets. Mais j'aime aussi faire la comédie, crier pour être vue, m'afficher pour que l'on prenne soin de moi.
D'ailleurs, je ne sais même plus très bien comment tout a commencé. Si c'est elle qui est parti ou si c'est moi qui nous ai abandonné.